Cette page, volontairement très spartiate, est destinée aux professionnels : organisateurs de spectacles, journalistes, etc. Vous y trouverez des textes descriptifs pour vos programmes, des photos de presse et de concert, de la documentation artistique, notre fiche technique.
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Le nom du groupe est « Grand Six ». Ce N'EST PAS « Le Grand Six », « Le Grand 6 », « Grand 6 » ou autre.
Merci.
Grand Six est né en 1999 à Bordeaux lorsque six musiciens décident de s'associer pour créer la musique qu'ils ont envie d'entendre, tout simplement. Cette rencontre est loin d'être le fruit du hasard : ils se connaissent depuis longtemps et ont déjà travaillé ensemble dans diverses formations. L'instrumentation (trompette, saxophone, cor d'harmonie, guitare/banjo, contrebasse, batterie) aurait pu être un choix délibéré. Ce n'est pas le cas : bien plus qu'un ensemble d'instrumentistes interchangeables, Grand Six est constitué de six individualités irremplaçables.
Les quatre années qui suivent voient naître une cinquantaine de compositions et d'arrangements, et force est de constater que Grand Six a réussi la gageure d'écrire, arranger et interpréter une musique résolument novatrice et personnelle tout en s'adressant à un public plus large que les seuls aficionados du jazz. Les influences sont extrêmement diverses : on peut citer pêle-mêle Carla Bley, Duke Ellington et Gil Evans, Mingus, Booker Little et Eric Dolphy mais aussi John Lurie et Tom Waits, et pourquoi pas Kocani Orkestar, Ennio Morricone, Danny Elfman, voire François de Roubaix ?
Doux, fort, et subtilement décalé. Plein de chicanes, d'allusions, de renvois en bas de page. N'allez pas croire par exemple que Costa, avec le fumet grec qu'on y goûte, soit dédié à quelque légendaire pianiste et vibraphoniste trop tôt disparu. Que nenni. Ne pensez à rien. Laissez vous porter (flotter ?) par le suspens de cette musique qui ne déborde que par ses déliés, au point de rejoindre parfois l'intention d'un Gil Evans. On fera la même remarque sur Cool, qui ne l'est pas plus que bien d'autres titres, et à propos de Charlie encore, qui ne doit en aucun cas sa beauté à quelque saxophoniste alto -- excepté celui qui s'y fait entendre. Ce disque est d'une tonalité générale apaisée : nocturne sans doute, lunaire en de certains moments. Ce qui ne veut pas dire sans énergie.
Car « Grand Six » entrelace ses rubans, ses voix, ses contrepoints et contre-chants en autant de propositions qui vont finir par être nouvelles, inouïes au sens fort, à mesure qu'on y entend l'histoire, et, ce qui manque souvent ailleurs, un vrai travail sur la dite. Car il faudra bien en sortir. La voie est peut-être ici dessinée, à force d'écoutes transversales : songez que de Pete Rugolo à Jimmy Giuffre en passant par Booker Little, Julius Watkins, John Graas, Carla Bley et Dom Frontière (un nom prédestiné, accordéoniste de métier, cherchez bien !), rien ne leur est fondamentalement étranger, mais rien non plus si familier qu'ils s'y installent. Car on pourrait aussi bien (d'autres que moi le feront mieux) pointer des références à telle ou telle musique dite actuelle, Down Tempo, Jump-Blues, Outlaws et pourquoi pas Thrash ? Ils en ont encore plein les cartons.
À suivre.
Un tas de photos quelconques sont dans ce dossier.
Pour des photos de très haute qualité de Frédéric Desmesure, allez voir ici, mais si vous les utilisez, n'oubliez pas de créditer le photographe d'un petit " © 2004 Frédéric Desmesure ". Merci pour lui !
Pierre Godard, jazzbreak.com, 30 août 2004
[...] Et l'on en arrive déjà au sixième nom de l'affiche : Grand Six. Un sextet bordelais. Une musique aérée, où l'on retiendra la force et la qualité des chorus des instruments à vent. Il y eut un long solo de batterie où le public put apprécier l'ambidextrie, la rapidité et la qualité de jongleur du maître du rythme. L'écriture des morceaux laisse à penser que la grande musique a probablement beaucoup influencé le guitariste-compositeur Monsieur Gadou.
Julien Lacoste, Le journal du Pays Basque, Euskal Herriko Kazeta, 17-18 juillet 2004
Notre coup de coeur de la soirée : Grand Six, sextet des plus originaux et qui a mis le feu au bar Xapatan. Saxophone (alto et soprano), bugle, cor, guitare électrique / banjo, contrebasse, batterie. Une essence de jazz, à la fois fanfare new orleans, formation be-bop, cool, free, funk, fusion... Tout est là : une rythmique fine et solide, un sens de l'harmonie hors-pair, des solistes géniaux, d'une intelligente économie, puis d'une transe explosive... Et surtout, rareté, la créativité sonore ; subtil jeu des tessitures ; le long cor chaud dissonne avec l'espiègle guitare métallique ; la fêlure saxophonique réhausse l'onirisme du bugle. Et que des compositions. Un jazz de tripes, de tête et de coeur.
Joël Raffier, Sud-Ouest, 12 février 2004
« La réaction contre le flou, le retour à la mélodie et au contrepoint, la précision, la simplification. » C'est en compulsant un dictionnaire que Monsieur Gadou, guitariste et banjoïste de Grand Six, a trouvé cette définition de Francis Poulenc à propos du projet esthétique du groupe des Six (Milhaud, Honegger, etc.). Toutes proportions gardées, ce projet convient à Grand Six, sextet formé en 1999 et basé à Bordeaux depuis lors. Clarté, mélodie, simplicité, point/contrepoint. Quel artiste ferait la fine bouche devant un tel programme ?
Aujourd'hui, le groupe sort son premier disque et ne cache pas sa joie. C'est le Glob'théâtre, momentanément fermé en avril 2003, qui a servi de studio. Une aide appréciée par ces musiciens professionnels sans manager, visiblement plus portés sur la musique que sur l'intendance.
Les Glob'sessions. Mais une scène de théâtre fait-elle un bon studio d'enregistrement ? « On a fait un enregistrement à l'ancienne, sans chichi, avec peu de micros assure Monsieur Gadou, la salle a une bonne réverbération mais pas d'écho et Timo Cornelis Metzemakers (le contrebassiste NDR) est un passionné de son ». Ce soir, le groupe fête la sortie de ce premier disque récapitulatif avec un concert. Tout naturellement, le Glob' en profite : « Ils nous ont vraiment aidé. Nous tenions vraiment à garder une trace de notre premier travail. Maintenant c'est fait. Nous pouvons passer à autre chose. »
Le jazz sans souffrance. Monsieur Gadou possède un petit carnet dans lequel il consigne tous les noms cités à droite et à gauche à propos de Grand Six. De Duke Ellington aux B52's, la liste est impressionnante d'élasticité. Rien d'étonnant pour un groupe qui, par la voix de son guitariste, envisage ce début de siècle comme « une immense cuisine avec tous les ingrédients du siècle précédent disponibles... »
Sur scène, le groupe, également formé de Yoann Loustalot (trompette, bugle), Bertrand Noël (batterie), Victor Michaud (cor d'harmonie) et Guillaume « Doc » Thomachot (saxophone), parvient à atteindre son but : ne pas torturer l'auditeur. Les « puristes » feront peut-être la moue devant ce désir de simplicité et ils n'ont pas fini puisque le groupe a écrit et arrangé six suite dont la magnifique « Rice Cooker Suite » (« l'autocuiseur de riz »). Après les ingrédients, l'ustensile. Les non-puristes, eux, devraient avoir l'eau à la bouche.
Clubs et Concerts, février 2004
Sextet bordelais mené par le guitariste et accessoirement joueur de banjo Mr Gadou, Grandsix (sic) convoque les talents de Yoann Loustalot (bugle, trompette), Victor Michaud (cor d'harmonie), Bertrand Noël (batterie), Guillaume Thomachot (saxophone) et Tino "Cornelis" (sic) Metzemakers (contrebasse). Étrange retour pour celui qui fit le Tschak local durant la charnière 80/90 en compagnie de l'ineffable Chazam, mais retour véritable car s'il signe ou cosigne chaque composition, la formation fait plutôt briller les souffleurs solistes.
Généreux et homogène , ce club chevronné revendique clairement sa filiation Miles Davis/Charlie Mingus. S'ouvrant sur un "Biscuit partie" évoquant le Miles chez Gil Evans, l'album bifurque sur "Tipota" vers le Dizzy Gillespie début 60, à l'époque où son arrangeur s'appelait Lalo Schifrin. Toutefois, l'ombre tutélaire de Davis revient sur le bien nommé "Cool" dont le motif mélodique rappelle par ailleurs les délicatesses de Lee Konitz voire le Stan Getz milieu 60, puis sur "Finger 200" dont les escapades ont un fort parfum de Mingus divaguant. Histoire d'enfoncer le clou question hommage, "Costa", titre écrit par le seul Gadou, navigue dans les eaux jadis remontées par Davis et Evans sur "Sketches of Spain" sans pour autant capter cette irradiante sensation solaire. Question réjouissances, le raffinement easy-listening de "Charlie" n'a rien à envier aux délicatesses qui illustraient jadis les précieux longs-métrages des Peanuts. Quant au "Café des arts", sa lenteur glisse subtilement entre cool et west coast. Finalement, c'est lorsqu'il quitte son pré carré que GrandSix ne parvient pas à convaincre : la foireuse fanfare de "Mr nightsoul #2" (sic) ou ce pastiche de Lounge Lizards, "Etiennette" qui ne fait long feu.
Au bout du compte, cette première oeuvre, si référencée soit-elle, mérite plus que de timides encouragements. En effet, trop rares sont les tentatives pertinentes en France de sonner autrement que dans le registre muséal ou les kilomètres de tapis sonores à la St-Truffaz.
Philippe Méziat, Sud-Ouest, 13 janvier 2003
Les trompettistes noirs de grande envergure n'ont pas manqué, au détour des années 50. Deux (au moins) n'ont jamais pu aller jusqu'au bout de leur immense talent, décédés prématurément : Clifford Brown, bien sûr, mais aussi Booker Little. En compagnie de Max Roach, d'Eric Dolphy ou de Mal Waldron, ses trois ans de carrière discographique justifient pleinement qu'on se passionne pour lui. C'est ce qui est arrivé à Guillaume Thomachot, saxophoniste alto de Grand Six, qui a réalisé un travail de bénédictin, relevant tous les thèmes, les solos et les arrangements des disques de Booker Little, et adaptant le tout à la formation, composée d'une trompette, d'un cor d'harmonie et de lui-même au saxo, avec contrebasse, guitare et batterie. D'abord, à l'évidence, la beauté de cette musique passe.
Pour l'occasion, le Blueberry, club chaleureux situé rue Camille-Sauvageau à Bordeaux, est plein à craquer, et tout le monde écoute. La nervosité est sensible du côté des instrumentistes : travail de haut vol, métriques compliquées, il s'agit d'abord de ne pas se louper. Ce qui vient bien, c'est le son d'ensemble, la pâte cuivrée, tendue, à la fois sombre et grande, du message de Booker Little. Des thèmes où l'esprit du blues est toujours présent, même si la forme est différente. Comme chez Miles Davis, d'ailleurs. A la trompette, Yoann Loustalot assure. Mieux, il entre, chorus après chorus, dans l'esprit de la musique du trompettiste qui lui sert de guide, de repère. Guillaume Thomachot a légèrement modifié son jeu -- d'habitude plus fluide -- et prend des solos aux arêtes marquées.
Il faut du temps pour que la liberté rythmique s'impose, et que les Six se libèrent de la partition (de la séparation). Mais à l'évidence, et déjà avec le concert de vendredi au Dibiteri, la chose est en route.
Un très bel exemple de probité et de mémoire. En ces temps d'amnésie, ça fait du bien.
Philippe Méziat, Sud-Ouest, 24 janvier 2002
L'association Jazzillac consacre chaque année au jazz plusieurs concerts, et réussit à mélanger avec bonheur tous les styles, toutes les formes, et c'est souvent qu'on peut y découvrir des musiciens régionaux de talent, encore mal connus. C'est particulièrement le cas cette fois, avec la programmation de Grand Six, un ensemble de six musiciens dont la discrétion n'a d'égale que l'ardeur au travail. Soucieux de présenter un répertoire bien au point, ces « jeunes » (à des titres divers) préfèrent travailler d'abord, répéter, et ne jouer en public que lorsqu'ils sont à peu près satisfaits du résultat.
Ces derniers mois, sous la direction musicale de Monsieur Gadou (guitare, comp., arr.), mais en fait fonctionnant comme un collectif, Yoann Loustalot (tp, bugle, comp. et arr.), Victor Michaud (cor, arr), T. C. Metzemakers (b, comp, arr), Bertrand Noël (dm, arr) et Guillaume « Doc » Thomachot (as, arr.) ont redonné à l'art de faire fusionner les styles ses lettres de noblesse : on peut entendre chez eux, dans le fond comme dans la forme, des échos du jazz west coast qui seraient venus se cogner aux ambiances plus dures d'un Charles Mingus ou d'une Carla Bley, sans oublier un petit fumet underground à la John Lurie (Lounge Lizards), voire des dérapages free à la façon de Willem Breuker. Voilà, c'est tout, c'est simple, c'est le groupe de jazz à écouter en ce moment à Bordeaux et dans les environs.